La démarche
Qui sommes-nous
Une météo locale, produite en Saône-et-Loire, à partir de données brutes analysées ici.
L’origine
La fenêtre
J’ai grandi au Creusot, dans le bassin minier. De ma chambre, je voyais l’étang de Montchanin au premier plan et, derrière, la ligne sombre du Morvan. C’est là que j’ai regardé mes premiers orages. Ils se formaient sur le relief, traversaient l’étang, puis arrivaient sur nous. Je ne savais pas encore que je les regardais se déplacer — je trouvais ça beau, c’est tout.
Mon père était pêcheur. J’ai donc passé mon enfance dehors, souvent à des heures où l’on ne sort pas, le ciel en permanence au-dessus de la tête. On apprend beaucoup comme ça, sans s’en rendre compte : quel vent annonce quoi, ce que signifie une brume qui refuse de se lever, à quoi ressemble un ciel qui va tourner.
Décembre 1999
Puis il y a eu la tempête. Des arbres couchés partout, des toitures arrachées, un département méconnaissable en une nuit.
J’étais lycéen. Ce qui m’a marqué, ce n’est pas le spectacle. Ce sont les questions que je me suis posées après, et auxquelles personne autour de moi ne savait répondre. Pourquoi ici et pas trois kilomètres plus loin ? Pourquoi ces rafales-là, cette nuit-là ? Comment mesure-t-on ça, et comment le prévoit-on ?
Je n’ai jamais vraiment arrêté de chercher les réponses. C’est cette tempête qui a fait de ma curiosité quelque chose de méthodique.
Le détour
Bac S en poche, j’ai longtemps hésité à partir vers des études de météorologie. J’ai finalement choisi un chemin plus court, un BTS ANABIOTEC, et j’ai trouvé rapidement du travail dans les laboratoires du secteur.
Mais je n’ai jamais lâché. Pendant ces années, j’ai découvert la prévision sur modèles numériques, et j’ai appris à construire des sites internet. J’en ai réalisé plusieurs, pour la famille et pour des amis qui lançaient leur activité. Puis j’ai créé un site consacré à la pêche et à la météo, que j’ai fait vivre plusieurs années et qui a bien marché. La vie de famille commençait à prendre de la place ; j’y ai mis un terme.
Avec le recul, ce détour n’en était pas un. Il m’a donné les deux mains dont j’avais besoin : la rigueur du laboratoire d’un côté, la maîtrise technique de l’autre.
Le terrain
En parallèle, j’ai suivi les séminaires de Keraunos, à Strasbourg puis à Lyon. Et en 2010, j’ai mené ma première enquête de terrain, sur un phénomène venteux qui avait fait de gros dégâts en Bresse. C’était une macrorafale — la première d’une liste qui allait s’allonger sérieusement.
Le 30 juin 2012, après notre installation en Bresse, un épisode de grêle exceptionnel nous a touchés de plein fouet : des grêlons de huit centimètres, des dégâts considérables, et des supercellules d’une esthétique parfaite. Ce jour-là a tout changé. La chasse aux orages, que je pratiquais jusque-là de façon occasionnelle, est devenue régulière — en Saône-et-Loire d’abord, dans les départements voisins ensuite, puis un peu partout dès que les conditions se réunissaient.
Les enquêtes de terrain se sont enchaînées. Une tornade à Étang-sur-Arroux en 2013, une autre à Louhans en 2014, et de nombreux phénomènes de rafales descendantes, micro et macrorafales. Ces enquêtes-là sont longues et coûteuses : les dégâts s’étendent parfois sur des dizaines de kilomètres, et il faut les parcourir pour comprendre ce qui s’est passé.
La page, puis la communauté
En 2016, devant cette accumulation de phénomènes, j’ai créé la page Facebook Météo Saône-et-Loire. L’idée était double : alerter les habitants du département, et améliorer le recensement des orages en m’appuyant sur une communauté d’observateurs.
Ça a pris tout de suite, et ça n’a jamais cessé de grandir. Nous sommes aujourd’hui plus de quarante mille, avec plus d’un million de vues chaque semaine. Ce n’est pas un chiffre de vanité : c’est un réseau d’yeux répartis sur tout le département, et c’est ce qui rend le travail possible.
En 2026, je suis parti chasser les tornades aux États-Unis avec une équipe de chasseurs français chevronnés. J’y suis allé pour voir de grands orages, j’en suis revenu avec autre chose : la façon dont les Américains articulent prévision, observation et alerte. Un voyage dont j’apprends encore.
Pourquoi ce site, maintenant
2026 …Canicules enchaînées, feux à répétition sur le département, sécheresse hors norme, vendanges avancées comme jamais.
Et le déclic est venu de là. J’ai les connaissances accumulées depuis 1999. Je sais construire des outils sur internet. Je suis sur le terrain, avec un réseau d’observateurs qui couvre le département. Et j’ai des idées, beaucoup d’idées, et l’envie d’apporter quelque chose à la Saône-et-Loire.
Alors je m’y mets. Ce site existe pour prévoir, observer et raconter le temps en Saône-et-Loire — avec des données brutes traitées ici, une lecture humaine, et l’honnêteté de dire quand on ne sait pas.
Ce n’est pas une entreprise de plus. C’est ce que je fais depuis que je regarde par la fenêtre.
Yannick Morey 42 ans, né au Creusot, installé en Bresse
La méthode
Comment les prévisions sont faites
Transparence
Nos sources et nos limites
Les données radar et les observations de stations proviennent des dispositifs publics de mesure. Les traitements, les seuils et les interprétations sont les nôtres, et peuvent se tromper.
Quand une prévision rate, nous préférons le dire et expliquer pourquoi. C’est plus utile qu’un silence, et c’est comme ça qu’on progresse.